Pourquoi Est-il Déconseillé de Partir Vivre dans le Sud-Est ?

Quels peuvent donc être les mauvais côtés de la vie en Provence, dans le Sud-Est de la France ? Comment peut-on se sentir mal, dans la région niçoise, à Nice ou à Antibes, dans ses paysages de carte postale ? Que se cache-t-il derrière ses promesses de soleil, et de baignades, avec la montagne en toile de fond ? 

Sud-Est : des villes pleines à craquer, bruyantes et des risques naturels

Le Sud-Est, est-ce plutôt l’enfer ou le paradis sur terre ? 

Les avis divergent et peuvent être ambivalents. Aujourd’hui, je vous parle des mauvais côtés de la vie sur la Côte-d’Azur. 

Commençons, sans plus attendre sur la vie sur la côte niçoise. Il fait plutôt béton de vivre du côté de Nice et Antibes. En effet, au-delà du taux de chômage élevé, des emplois saisonniers peu rémunérateurs et des loyers inabordables, la Côte-d’Azur étale ses immeubles sur le moindre espace vert !

Par ailleurs, lorsqu’on travaille à Sophia-Antipolis, il faut faire avec une circulation d’enfer et donc avec le doux chant des klaxons, pour se rendre au travail le matin. Qu’on soit en bus ou en voiture, on n’échappe pas aux embouteillages qui enlaidissent le coin.

Difficile ou risqué de se déplacer à vélo, hélas. Au pays de la richesse ostentatoire et des aberrations en terme d’urbanisation, il n’y a quasiment pas de pistes cyclables ! Les liaisons entre bus et train sont tout aussi compliquées et permettent difficilement d’éviter la voiture.

On évolue donc parmi des automobilistes souvent agressifs, dont une bonne partie se sent invincible du haut de son 4-4 brillant !

06 : un département vulnérable aux risques naturels

Vivre du côté d’Antibes, ou de Nice, c’est, entre autres, s’inquiéter de la fréquence des inondations.

Lorsque l’hyper-urbanisation de la Côte-d’Azur a commencé, chaque maire a voulu avoir le plan d’urbanisation de sa propre commune. Il n’y a pas eu de vision d’ensemble.
 
Au fur à mesure de la pression foncière, les terrains à risque ont été urbanisés. Par exemple, la zone de la Brague. Elle est pourtant connue pour être régulièrement inondée depuis l’Antiquité.

On dénombre donc 200 000 logements en zone inondable. Plus d’un million d’habitants vivent sur une bande littorale de 15 kilomètres de large à peine. Les permis de construire, de ces habitations, ont souvent été délivrés, en toute légalité, avant 1998.

Je conseille donc, bien évidemment, de toujours s’installer dans les hauteurs de la ville de votre choix, qu’il s’agisse de Nice ou Antibes.

D’un autre côté, la ville de Grasse détient, par exemple, le record de France des infractions à l’urbanisme, notamment en zone inondable. La faute à ceux qui veulent se la couler douce, sous le soleil méditerranéen, sans s’inquiéter de leurs voisins ni de l’environnement.

Les inondations d’Octobre 2015 dans le Sud-Est

Vivant dans les hauteurs d’Antibes, en 2015, j’ai été le témoin indirect des graves inondations du mois d’octobre. Les cours d’eau débordaient en raison de fortes pluies et la crue a affecté de nombreuses communes : Cannes, Antibes, Vallauris, Biot, ou encore Mandelieu-la-Napoule. Le bilan humain et matériel a été conséquent

Suite à cela, des campings situés notamment dans le quartier de la Brague, se sont vu refuser une exploitation partielle de leur terrain.

Ils font effectivement partie de la zone rouge, où l’on a assisté à des crues de plus d’un mètre de haut. Un coup dur pour les travailleurs de l’hôtellerie en plein air, souvent installés dans le lieu depuis des dizaines d’années.

La route disparue, à Sospel

Inconvénients de la vie dans le Sud-Est : les catastrophes naturelles
Le glissement de terrain qui a fait disparaître la route à Sospel Photo : 20 minutes

Avril 2018 : suite à des pluies torrentielles, la seule route, menant à deux hameaux de 45 habitants, de Sospel, s’est effondrée.

Ce sont 200 mètres de route qui ont disparu. Dans ces conditions, impossible de se déplacer en voiture. Le seul moyen d’évacuer les véhicules a d’ailleurs été l’héliportage. Cela a nécessité le désossement d’un certain nombre de véhicules, afin de pouvoir les transporter.

Les habitants sont depuis contraints de faire 1 h quotidienne de randonnée, pour faire leurs courses ou pour aller au travail.
 
Ces déplacements quotidiens à pied demandent beaucoup d’organisation : de bonnes chaussures de marche, une lampe frontale, de l’eau, etc.
 

Sospel : la difficulté des courses et la gestion des déchets

Désormais habitués à porter leurs courses, durant une marche de 30 minutes à 1 h en moyenne, les déroutés de Sospel ont dû faire des choix. Éviter, par exemple, d’acheter des produits suremballés ou dans des contenants en verre.
 

Le transport des déchets généré par chaque habitant est aussi devenu problématique puisque le seul moyen de les évacuer était aussi de faire 30 minutes de marche, jusqu’au point de collecte le plus proche.

Marineland, la verrue d’Antibes

La plus grosse aberration que j’ai pu constater, c’est Marineland. Certes, il fait vivre une grande partie d’Antibes et génère 40 millions d’euros de chiffre d’affaire par an. Mais cela se fait au détriment du bien-être d’animaux “exotiques” comme les orques, dauphins et ours polaires.
La vie dans le Sud-Est et ses aberrations
Alpes-Maritimes : Marineland, cette aberration Photo : wikimedia
Ne serait-il pas temps de se raisonner, lorsque l’on voit le parc dévasté par les inondations ? Pourquoi ne pas le reconvertir ? Et si on offrait à ces animaux une retraite bien méritée, dans des environnements mieux adaptés pour eux, à l’abri d’êtres humains avides de spectacle ? Vous pouvez rejoindre la campagne I-Boycott, “Marineland : Ensemble, libérons les orques !”, sur i-boycott.org
 

On n’a jamais obtenu d’un orque ou d’un autre animal des figures, grâce à la pseudo-complicité qu’on instaure avec eux. C’est uniquement par le dressage, quand bien même celui-ci n’est pas jugé maltraitant par les soigneurs, qu’on obtient des animaux ces spectacles ridicules !

La vie dans le Sud-Est de la France : peiner à se faire réseau amical

Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux, sous le soleil exactement ?

La réputation des locaux est plutôt exécrable ! En vérité, je n’en sais rien. J’ai croisé peu de locaux.

Au départ, j’ai rencontré quelques niçois fort sympathiques, mais comme le dit la légende, on ne s’est jamais revus. Ils savaient “liker” mes posts Facebook, mais jamais nous ne nous sommes revus autour d’un verre ou d’une activité ! C’était juste comme ça.

Vivre dans le Sud-Est avec la mentalité ambiantecialité ambiante
freepik.com | Recréer un réseau amical dans le Sud-Est et la superficialité ambiante

On m’a aussi répété que Nice grouillait d’anciens Parisiens ! Lorsqu’on voit tout le mal qu’on dit des Parisiens, certes, on peut être tenté.e de conclure méchamment. Mais on ne va pas s’abaisser à cela. N’oublions pas que de vrais Parisiens, à Paris, on en rencontre fort peu. D’ailleurs qu’est-ce qu’un “vrai” Parisien ?

J’ai vécu à Paris et n’ai pas eu à me plaindre des gens. En revanche, ce qui est certain, c’est que le Sud-Est fourmille de retraités et d’expatriés. Ceux qui s’y installent, pour le travail, ont du mal à “faire leur trou”.

Melting-pot

Lorsqu’on déménage près de Nice, on constate plutôt un beau melting-pot des quatre coins de la France et du monde. On devrait en toute logique avoir une certaine proportion de gens sympas et ouverts. Hélas, les relations sont souvent superficielles et sans lendemain.

Pour avoir discuté plusieurs fois de cette attitude avec différentes personnes, nous en avons conclu que les “nouveaux” sudistes finissaient par reproduire l’incivilité et l’individualisme dont ils ont eux-mêmes été victime, à leurs débuts, dans la région. Voilà pourquoi ils se comporteraient de façon désagréable avec les nouveaux venus.

C’est un peu facile quand même, non ?

Rencontrer des gens via les réseaux sociaux et associations

Quand on a du mal à rencontrer du monde du côté de Nice, il y a quelques solutions.

Par exemple OVS et Meetup. Sur OVS, j’avais été assez déçue, car sans vouloir faire de jeunisme, la moyenne d’âge des gens qui proposaient des activités, tournait autour de 45-50 ans. C’était un peu dur à avaler. Vers la fin de ma vie à Antibes, un trentenaire avait entrepris de créer un sous-groupe OVS pour rassembler les gens de notre âge.

Après une année peu épanouissante dans cette région, j’ai trouvé une association de théâtre très sympathique et me suis fait des copains des quatre coins du monde ! Je vous en parle dans les bons côtés de la vie dans les Alpes-Maritimes.

Et vous, que pensez-vous du Sud-Est ? - Sissi, la voyageuse curieuse...
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  • Post author:
  • Post published:20 novembre 2019

Sissi

Créatrice et auteur de blogs, depuis plus de 10 ans, je suis passionnée par les autres cultures et le monde animal. Je décris ici des souvenirs de voyage. Je limite mes escapades à l'étranger à 1 ou 2 par an. J'ai affronté des serpents en Australie, des wekas vindicatifs en Nouvelle-Zélande et étudié la mafia à Naples. J'ai aussi vécu dans les 4 coins de la France. Je suis aussi une rédactrice Web très investie dans la transition écologique et le développement de la sobriété numérique (https://scribby.fr)

Cet article a 9 commentaires

  1. Marie-Christine

    Je vis à Antibes venant de la région parisienne, j’y suis venue après la mort de mes parents pour me rapprocher de ma soeur qui s’y était installée parce qu’elle avait trouvé du travail à Sophia Antipolis, j’ai acheté un appartement dans une jolie résidence, j’ai un jardin, j’en voulais un pour mes chats, ce que je ne savais pas c’est que j’allais avoir des voisins très désagréables, une personne en particulier qui en manipule beaucoup d’autres, elle aurait voulu me chasser, manque de chance comme je suis propriétaire, elle ne pouvait pas, mais je voudrais faire une véranda, elle fait en sorte que l’assemblée des copropriétaires vote non, et elle déteste particulièrement mes chats!

    1. Sissi Voyageuse

      Mince, rien de plus désagréable que les querelles de voisinage :(! Quand j’y étais, j’avais quelques voisins très à cheval sur ce qu’on mettait sur le balcon ou pas aussi. Ils n’avaient que ça à faire visiblement. Prenez bien soin de vos chats alors, mais ils ne doivent pas être les seuls de la résidence ? Elle ne peut rien y faire 🙂 ! Je regrette Antibes parfois pour le beau temps 🙂

  2. Cj-envadrouille

    Quel portrait à charge….heureusement j’ai été lire l’article “les bons côtés” 😉 Nous habitons près d’Aix en Provence et connaissons Nice, et c’est vrai que cela ne me plairait pas d’y habiter . Par contre, même sans être née dans la région, je ne serai pas capable d’habiter ailleurs en France . Bref l’amour ça ne s’explique pas .

    1. Sissi Voyageuse

      Hello, oui il y a toujours du mauvais ET du bon, partout où l’on va 🙂 ou plutôt du bon ET du mauvais. Ayant aussi vécu entre Toulon et Marseille, j’ai largement préféré vivre entre ces deux villes 🙂 plus sauvage, avec un bon entourage (au début)…

  3. yasmine

    Ca fait longtemps que tu as déménagé? Il faut du temps pour s’adapter et voir les gens différemment , je suis passée de l’Alsace à paris et ça a été très dur pour moi, individualisme, tant de personnes , de choses à faire et pourtant personne ne se parle , même les voisins se fuient. Avec le temps et parce que je n’avais pas le choix , je me suis adaptée et ça va beaucoup mieux

    1. Sissi Voyageuse

      Oui, j’ai déménagé il y a 3 ans. Je pense que plus le temps passe, plus il faut de temps pour s’habituer à une région. 6 mois est un grand grand minimum. Maintenant, je tablerais plus sur 1 an et demi, 2 ans. Je dirais aussi que tout dépend de l’entourage que l’on se fait sur place. Pour moi, ça a été très long sur Nice et je suis partie lorsque ça s’améliorait. Cependant, les gens sympas que je fréquentais sur la fin ont aussi déménagé XD

      1. yasmine

        je te rejoins, j’ai commencé à me sentir à l’aise sur Paris au bout de 2 ans à peu près, ça fait 15 ans que j’y suis, je ne me vois pas déménager, mais je ne me sens pas pour autant parisienne, mon âme est toujours en Alsace 😊

        1. Ah comme je te comprends. J’ai passé 2 ans en région parisienne, et je n’ai jamais pu m’y faire. D’ailleurs je suis partie. Ceci dit, il y a plein de choses à faire à Paris. Ce que je reproche principalement à cette ville, c’est son manque de verdure, comparé à d’autres capitales. Les élus locaux ont un gros travail à faire pour rendre Paris agréable à vivre.

          1. yasmine

            Il y a plein de parc à Paris, le seul problème mis à part André Citroën c’est qu’ils sont tous aux portes de Paris.
            Après en se perdant, on peut tomber sur des endroits sympa.
            Mais c’est sûr qu’on s’y moins zen qu’à la campagne.

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